Time has shelved my once familiar shelves

Moving house repeatedly, in disruptive conjunction with the contemporary shift towards electronic media and my partial acquiescence in this, has affected my relationship with the physical location of my books, now in diaspora, and therefore to some degree with the body of literature I do not hold stored in my mind, so that I have thought for some time that it would be desirable to establish at least an unfolding linear record on a website of the works I have been reading. The hands of the clock are at eleven, in a sense, nor will this process ever attain any state approximating to completeness, for most is in the past and much of that now only vestigially or quintessentially retained in the mind, notwithstanding a lifelong proneness to quote and an unfailing loyalty to the power of recollection. Nevertheless I intend to start afresh and in a different ethereal location from that of my main site, adonis.blue, since this will permit me to post references to texts directly to one place, a more elegant process than that of building a secondary page there devoted to reading. Some of the books and articles I have absorbed since retirement may also be found here, on Flipboard. I may not have time to add much in the way of commentary as I proceed, my essential purpose being to create a thread of which Ariadne might approve, with a view to assisting pleasant recollection and to permitting colourful backtracking at such times as those in which the present may appear momentarily to be uninhabitable and a refuge a necessity.. LJ

Vol de nuit; volo di notte; Nachtflug

Ces hommes croient que leur lampe luit pour l’humble table, mais à quatre-vingts kilomètres d’eux, on est déjà touché par l’appel de cette lumière, comme s’ils la balançaient désespérés, d’une île déserte, devant la mer.

Quegli uomini credono che il lume brilli per il loro umile desco, ma a ottanta chilometri di distanza c’è qualcuno che avverte il richiamo di quella luce, come se loro, da un’isola deserta, la facessero oscillare disperati davanti al mare.

Diese Menschen meinen, ihre Lampe leuchte für ihren bescheidenen Tisch, aber achtzig Kilometer weit von ihnen vernimmt man schon den Ruf dieses Lichts, so als schwenkten sie es verzweifelt auf einer verlassenen Insel am Rande des Meeres.

Terre des hommes

Il fait partie des êtres larges qui acceptent de couvrir de larges horizons de leur feuillage. Être homme, c’est précisément être responsable. C’est connaître la honte en face d’une misère qui ne semblait pas dépendre de soi. C’est être fier d’une victoire que les camarades ont remportée. C’est sentir, en posant sa pierre, que l’on contribue à bâtir le monde. On veut confondre de tels hommes avec les toréadors ou les joueurs. On vante leur mépris de la mort. Mais je me moque bien du mépris de la mort. S’il ne tire pas ses racines d’une responsabilité acceptée, il n’est que signe de pauvreté ou d’excès de jeunesse. J’ai connu un suicidé jeune. Je ne sais plus quel chagrin d’amour l’avait poussé à se tirer soigneusement une balle dans le cœur. Je ne sais à quelle tentation littéraire il avait cédé en habillant ses mains de gants blancs, mais je me souviens d’avoir ressenti en face de cette triste parade une impression non de noblesse mais de misère. Ainsi, derrière ce visage aimable, sous ce crâne d’homme, il n’y avait rien eu, rien. Sinon l’image de quelque sotte petite fille semblable à d’autres. Face à cette destinée maigre, je me rappelais une vraie mort d’homme. Celle d’un jardinier, qui me disait : « Vous savez… parfois je suais quand je bêchais. Mon rhumatisme me tirait la jambe, et je pestais contre cet esclavage. Eh bien, aujourd’hui, je voudrais bêcher, bêcher dans la terre. Bêcher ça me paraît tellement beau ! On est tellement libre quand on bêche ! Et puis, qui va tailler aussi mes arbres ? » Il laissait une terre en friche. Il laissait une planète en friche. Il était lié d’amour à toutes les terres et à tous les arbres de la terre. C’était lui le généreux, le prodigue, le grand seigneur ! C’était lui, comme Guillaumet, l’homme courageux, quand il luttait au nom de sa Création, contre la mort.

The Book Club podcast: a conversation with Clive James | Coffee House

RIP, Clive James, a fine poet, a man of wisdom, wit and great understanding. What a very fine mind you had and how generously you shared it with humanity! LJ

The Book Club podcast: a conversation with Clive James on Coffee House | Clive James is gone. What a great spirit, what a lively and curious mind, what an…
— Read on blogs.spectator.co.uk/2019/11/the-book-club-podcast-a-conversation-with-clive-james/

George Steiner

The great George Steiner reflects on the potency of memory for the preservation of culture and its survival in the human mind in defiance of the tentacular encroachment of tyranny. LJ